PER pour les professions libérales : épargner intelligemment pour la retraite
Le Plan d'Épargne Retraite, comment ça marche pour un libéral, quelle somme mettre de côté, et comment optimiser la déduction fiscale.
Le constat : les libéraux de santé toucheront environ un tiers de leurs derniers revenus
Infirmière libérale, médecin généraliste, kinésithérapeute : contrairement aux salariés qui perçoivent 50 à 60 % de leur dernier salaire à la retraite, les professionnels libéraux de santé doivent se contenter d’environ un tiers de leurs revenus d’activité. Pour une IDEL gagnant 3 500 € net par mois, cela représente une pension d’environ 1 200 à 1 500 € brut tous régimes confondus (CNAVPL, CARPIMKO ou CARMF, ASV).
Ce décrochage est structurel : les régimes obligatoires des libéraux ont été conçus avec des taux de remplacement volontairement faibles, en partant du principe que le professionnel épargnerait en complément. Le Plan d’Épargne Retraite (PER) est aujourd’hui l’outil le plus efficace pour combler cet écart — à condition de le comprendre et de le mettre en place au bon moment.
Qu’est-ce que le PER individuel ?
Le PER individuel (aussi appelé PERin) est un produit d’épargne retraite créé par la loi Pacte de 2019. Il a remplacé les anciens contrats Madelin et PERP en les unifiant dans un cadre unique, plus souple et plus avantageux.
Son fonctionnement est simple :
- Vous effectuez des versements libres à votre rythme (mensuels, trimestriels, ponctuels)
- Ces versements sont déductibles de votre revenu imposable dans la limite d’un plafond annuel
- Votre épargne est investie sur des supports financiers (fonds en euros sécurisés, unités de compte plus dynamiques)
- À la retraite, vous récupérez votre capital sous forme de rente viagère ou de capital (en une ou plusieurs fois)
La grande nouveauté par rapport aux anciens contrats Madelin : la sortie en capital est possible, ce qui rend le PER beaucoup plus souple que son prédécesseur.
L’avantage fiscal : le coeur du dispositif
Pour un professionnel libéral soumis à l’impôt sur le revenu dans une tranche élevée, l’avantage fiscal du PER est considérable.
Le plafond de déduction pour 2026 est égal au plus élevé des deux montants suivants :
- 10 % du bénéfice imposable de l’année précédente, dans la limite de 8 fois le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) — soit environ 37 094 € en 2026
- 10 % du PASS de l’année précédente — soit environ 4 637 € (plancher minimal)
En pratique, pour une IDEL déclarant 30 000 € de bénéfice BNC, le plafond est d’environ 3 000 €. Pour un médecin déclarant 80 000 €, il monte à 8 000 €. Pour un médecin spécialiste à 150 000 €, il atteint son maximum autour de 37 000 €.
L’économie d’impôt réelle dépend de votre tranche marginale d’imposition (TMI). Pour 10 000 € versés :
- TMI à 30 % → économie de 3 000 €
- TMI à 41 % → économie de 4 100 €
- TMI à 45 % → économie de 4 500 €
Autrement dit, l’État finance une partie significative de votre retraite via la déduction fiscale.
PER vs assurance vie : deux outils complémentaires
L’assurance vie est souvent présentée comme la grande alternative au PER. Les deux produits ont des logiques différentes :
Le PER est plus avantageux fiscalement pendant la vie active grâce à la déduction à l’entrée. En contrepartie, les sommes sont en principe bloquées jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé : achat de la résidence principale, décès du conjoint, invalidité, surendettement, fin de droits chômage).
L’assurance vie est plus souple : vous pouvez retirer à tout moment, les versements ne sont pas déductibles mais les gains bénéficient d’une fiscalité allégée après 8 ans. Elle est aussi un outil de transmission patrimoniale très efficace.
La recommandation Promed est de combiner les deux : maximiser le PER tant que vous êtes dans une tranche d’imposition élevée (40 % et plus), et utiliser l’assurance vie pour l’épargne à moyen terme ou la partie retraite que vous voudrez conserver liquide.
La règle des 6,5 % : combien mettre de côté ?
Chez Promed, nous recommandons un effort d’épargne cible de 6,5 % de votre CA net des charges de fonctionnement, calculé avant cotisations sociales.
Exemple concret pour une IDEL :
- CA brut annuel : 60 000 €
- Charges de fonctionnement (carburant, matériel, formation…) : 8 000 €
- Base de calcul : 52 000 €
- Effort cible : 52 000 × 6,5 % = 3 380 € par an, soit environ 280 € par mois
Cette règle n’est pas une formule magique — elle est un point de départ raisonnable qui tient compte à la fois du niveau de cotisations obligatoires déjà élevé des libéraux et de la nécessité de construire un capital significatif sur 30 à 35 ans de carrière.
Conseils pratiques pour bien utiliser votre PER
Commencez tôt, même avec de petits montants. La capitalisation à long terme est votre meilleure alliée. 100 € par mois placés pendant 30 ans à 4 % de rendement annuel moyen donnent environ 69 000 € — contre 30 000 € si vous commencez 15 ans plus tard.
Adaptez l’allocation selon votre âge. En début de carrière, vous pouvez viser une allocation dynamique (60 à 80 % en unités de compte). À l’approche de la retraite, sécurisez progressivement en réduisant la part en actions. Beaucoup de contrats proposent une gestion pilotée à l’horizon, qui fait cette transition automatiquement.
Vérifiez les frais. Les PER se comparent sur les frais d’entrée (idéalement 0 %), les frais de gestion annuels (visez moins de 0,8 % sur le fonds euros et moins de 1,5 % sur les UC), et la qualité des supports proposés.
Utilisez les plafonds non consommés des 3 années précédentes. Le fisc vous permet de reporter les plafonds non utilisés sur les trois années antérieures — une opportunité pour les années à forts revenus ou en cas d’arrivée d’argent exceptionnel (cession de patientèle, héritage).
Pensez à la fiscalité à la sortie. Les sommes récupérées à la retraite sont imposables (rente ou capital selon votre choix). Avec un revenu retraite plus faible que pendant l’activité, vous serez probablement dans une tranche inférieure — c’est précisément l’intérêt du mécanisme.
Le PER s’intègre dans une stratégie globale
Le PER est un outil puissant, mais il ne suffit pas à lui seul. Une protection retraite solide pour un libéral de santé repose sur trois piliers :
- Les régimes obligatoires (CNAVPL, CARPIMKO ou CARMF, ASV) — la base, mais insuffisante seule
- Le PER — déduction fiscale optimale, capital bloqué jusqu’à la retraite
- L’assurance vie — épargne liquide, outil de transmission, complément flexible
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